Une pochette en noir et blanc avec des tripes et du sang .
Au premier abord on croirait avoir à faire à un groupe de grind old school ou de death metal tant l'artwork y est assimilable, on pense un peu à celui de "Slowly We Rot" d'Obituary, autant pour le corps étendu que le titre écrit sur le mur avec une substance assez peu glamour .
Mais il n'en est rien .
Capricorns, c'est l'alliance des gratteux de , du bassiste (ex-Iron Monkey) et du batteur Chris Turner, qui fait aussi partie d'Orange Goblin et ces gars là tapent dans un stoner/sludge assaisonné de postcore exclusivement instrumental .
"Ruder Forms Survive" (à quelques détails près "les formes les plus rudes survivent") est leur premier album chez Rise Above Records (le label de Lee Dorian, le second chanteur de Napalm Death et leader de Cathedral) après un premier EP peu après leur formation en 2003 .
Le disque démarre avec une série de murmures qui laisse assez vite la place à trois quarts d'heure d'alternance entre calme et tempête : des riffs stoner/metal écrasants qui laissent place à des passages atmosphériques en son clair pour mieux revenir au galop par la suite .
Le groupe n'a pas de chanteur mais aucune sensation de vide ne pointe le bout de son nez car l'espace sonore est parfaitement rempli, sans pour autant taper dans le néo-classique, la musique de Capricorns s'articule d'une façon similaire à de la musique classique .
"Ruder Forms Survive" pourrait très bien faire office de bande originale d'un film .
D'horreur, d'anticipation, c'est selon, en tout cas la pochette et les mots du livret qui s'avèreront être une partie des paroles de ":The First Broken Promise" ne présagent rien de bon .
La musique du groupe est sombre, voire pessimiste et carrément desespérée, de manière explicite sur ":The First Broken Promise" qui est le seul des sept morceaux où il y a du chant, et c'est Eugene Robinson d'Oxbow qui s'en charge en y ajoutant une bonne dose de folie, avec ses vocalises hautes perchées, tel un goret que l'on égorge .
On peut très bien voir sur ce disque une succession de joies et de peines, de colères et d'accalmies .
Comme un paysage désert sous un ciel gris (ces gars là ne sont pas anglais pour rien) qui voit passer de gros nuages noirs bien orageux comme il faut, de puisantes rafales de vent ("1977: Blood For Papa", "1440: Exit Wargasmatron" et le "pont" de 793AD: The Harrying Of The Heathen" en tête) mêlées ou non à de la pluie mais aussi quelques rayons de soleil ("1969: A Predator Among Us", étonnant vu le titre) .
Les quatre musiciens qui forment ce groupe ont un bon bagage musical et ils le montrent :
le jeu de batterie, quelque part influencé par le jazz, se fait tantôt brutal, tantôt tribal et tantôt planant .
Les guitaristes nous délivrent leur meilleurs riffs stoner souvent joués dans des octaves différentes, ce qui convie à l'ensemble un côté heavy du meilleur effet .
Des leads bien sentis viennent souvent se greffer aux rythmiques musclées parfois adoucies par des plans post rock .
Notons également la présence d'un magnifique solo sur ":The First Broken Promise" et même d'une ambiance proche de Led Zeppelin sur "1440: Exit Wargasmatron" .
À ces vents électriques viennent s'opposer de magnifiques passages en son clair qui contribuent grandement au côté mélancolique de l'ensemble .
Des passages aussi bien tortueux comme sur ":The First Broken Promise" que planant comme sur le "tube" "1969: A Predator Among Us", "1066: Born On The Bayeux" ou même carrément desesperés comme sur "1946: The Last Renaissance Man"...
Quant au bassiste, il vient achever le travail comme il se doit avec une basse ronde à souhait qui sied parfaitement à l'ensemble .
Cerise sur le gâteau, une production claire et un mixage parfaitement équilibré donnent un puissant de pouce à la puissance musique du groupe .
Avec "Ruder Forms Survive", Capricorns affirme qu'il a parfaitement sa place parmis les groupes de l'écurie Rise Above (Orange Goblin, Electric Wizard, etc...) et se place comme un groupe qui va faire très mal dans les années à venir .
Technique, magique, mélancolique, hypnotique, puissant, oppressant, libérateur....les adjectifs me manquent .
Verdict : 19/20 !!!
Chronique initialement postée sur Music-Web
Au premier abord on croirait avoir à faire à un groupe de grind old school ou de death metal tant l'artwork y est assimilable, on pense un peu à celui de "Slowly We Rot" d'Obituary, autant pour le corps étendu que le titre écrit sur le mur avec une substance assez peu glamour .
Mais il n'en est rien .
Capricorns, c'est l'alliance des gratteux de , du bassiste (ex-Iron Monkey) et du batteur Chris Turner, qui fait aussi partie d'Orange Goblin et ces gars là tapent dans un stoner/sludge assaisonné de postcore exclusivement instrumental .
"Ruder Forms Survive" (à quelques détails près "les formes les plus rudes survivent") est leur premier album chez Rise Above Records (le label de Lee Dorian, le second chanteur de Napalm Death et leader de Cathedral) après un premier EP peu après leur formation en 2003 .
Le disque démarre avec une série de murmures qui laisse assez vite la place à trois quarts d'heure d'alternance entre calme et tempête : des riffs stoner/metal écrasants qui laissent place à des passages atmosphériques en son clair pour mieux revenir au galop par la suite .
Le groupe n'a pas de chanteur mais aucune sensation de vide ne pointe le bout de son nez car l'espace sonore est parfaitement rempli, sans pour autant taper dans le néo-classique, la musique de Capricorns s'articule d'une façon similaire à de la musique classique .
"Ruder Forms Survive" pourrait très bien faire office de bande originale d'un film .
D'horreur, d'anticipation, c'est selon, en tout cas la pochette et les mots du livret qui s'avèreront être une partie des paroles de ":The First Broken Promise" ne présagent rien de bon .
La musique du groupe est sombre, voire pessimiste et carrément desespérée, de manière explicite sur ":The First Broken Promise" qui est le seul des sept morceaux où il y a du chant, et c'est Eugene Robinson d'Oxbow qui s'en charge en y ajoutant une bonne dose de folie, avec ses vocalises hautes perchées, tel un goret que l'on égorge .
On peut très bien voir sur ce disque une succession de joies et de peines, de colères et d'accalmies .
Comme un paysage désert sous un ciel gris (ces gars là ne sont pas anglais pour rien) qui voit passer de gros nuages noirs bien orageux comme il faut, de puisantes rafales de vent ("1977: Blood For Papa", "1440: Exit Wargasmatron" et le "pont" de 793AD: The Harrying Of The Heathen" en tête) mêlées ou non à de la pluie mais aussi quelques rayons de soleil ("1969: A Predator Among Us", étonnant vu le titre) .
Les quatre musiciens qui forment ce groupe ont un bon bagage musical et ils le montrent :
le jeu de batterie, quelque part influencé par le jazz, se fait tantôt brutal, tantôt tribal et tantôt planant .
Les guitaristes nous délivrent leur meilleurs riffs stoner souvent joués dans des octaves différentes, ce qui convie à l'ensemble un côté heavy du meilleur effet .
Des leads bien sentis viennent souvent se greffer aux rythmiques musclées parfois adoucies par des plans post rock .
Notons également la présence d'un magnifique solo sur ":The First Broken Promise" et même d'une ambiance proche de Led Zeppelin sur "1440: Exit Wargasmatron" .
À ces vents électriques viennent s'opposer de magnifiques passages en son clair qui contribuent grandement au côté mélancolique de l'ensemble .
Des passages aussi bien tortueux comme sur ":The First Broken Promise" que planant comme sur le "tube" "1969: A Predator Among Us", "1066: Born On The Bayeux" ou même carrément desesperés comme sur "1946: The Last Renaissance Man"...
Quant au bassiste, il vient achever le travail comme il se doit avec une basse ronde à souhait qui sied parfaitement à l'ensemble .
Cerise sur le gâteau, une production claire et un mixage parfaitement équilibré donnent un puissant de pouce à la puissance musique du groupe .
Avec "Ruder Forms Survive", Capricorns affirme qu'il a parfaitement sa place parmis les groupes de l'écurie Rise Above (Orange Goblin, Electric Wizard, etc...) et se place comme un groupe qui va faire très mal dans les années à venir .
Technique, magique, mélancolique, hypnotique, puissant, oppressant, libérateur....les adjectifs me manquent .
Verdict : 19/20 !!!
Chronique initialement postée sur Music-Web